La randonnée botanique à énigmes est un des temps poétiques les plus denses du Festival. On marche, on discute, on découvre la flore de Creuse en compagnie du botaniste. On résoud de temps à autres des énigmes poétiques. Quelle chance. 
Temps de marche: une heure environ. Difficulté: sans difficulté particulière. Durée deux heures (on discute et on joue). Départ: 10h devant la mairie de Fransèches le dimanche 28 mai. 

Stellaire

L‌a Stellaire holostée (Photo de F.White)
"Reconnaissable sur les talus de mai

à ses pétales blancs, bifides
et ses feuilles sessiles, acuminées,scabres sur les bords".

Le botaniste. 

Jean-Marc Dubreuil est botaniste amateur. Compagnon de route du Festival Pliant, c’est lui qui trace l’itinéraire de la randonnée botanique à énigmes. Au pas du flâneur, il pose son regard toujours curieux sur le paysage, lui qui répond à vos questions, durant la randonnée, uniquement si vous lui en posez…

 

Le Pliant : Jean-Marc Dubreuil il y a une randonnée botanique à énigmes le 28 mai à Fransèches. Pouvez-vous en dire un peu plus sur cette balade?

 

Oui, il faut suivre le blog du Festival.  Le départ y sera prochainement indiqué avec précision et balisé.

La  randonnée, à partir de Fransèches,  dure deux heures environ. On marche, on observe la flore, on répond aux énigmes d’Eric Ardouin…

 

Pourquoi botanique ?

Pour apprécier différemment le paysage creusois : on découvre les plantes qui se trouvent sur le parcours, par l’observation, à l’œil nu, par l’observation à la loupe, par l’observation des milieux. On traverse des habitats : les plantes sont caractérisées par leur situation dans certains habitats. Je proposerai un itinéraire de deux à trois kilomètres avec des chemins….on va traverser milieu humide, milieu forestier, milieu anthropisé dans lequel on verra… ce qu’il y a à voir, en fonction de ce qui est fauché…ou ne l’est pas…. Le paysage est vivant.

 

Il faut être initié ?

Non absolument pas. L’objectif c’est traverser un paysage et exercer ses dons d’observation. On peut le traverser sans rien voir…mais si on le traverse avec un botaniste, un animalier, il prend de l’épaisseur…on aura des observations fines, mais aussi plus générales, pour observer une haie, un sous-bois, le biotope sur le bord d’un étang,.

 Conditions pour participer ?
C’est une promenade en campagne… on suit des chemins.
Le pas du botaniste est un pas lent. On prend son temps.  Je crois qu’il ne faut pas dépasser 1km, 1km 500 pour une heure. Il y a des stations. On discute. Pas de matériel particulier…des chaussures pour marcher.

 C’est gratuit ?
C’est gratuit ?  Absolument. Mais on apprend du vocabulaire particulier. C’est pour titiller l’imagination. Des « pétales bifides », c’est gratuit, c’est une affaire de poésie. Qui aime la poésie aime la langue du botaniste.

 Que va t-on voir ? Quelles plantes, quelles fleurs ?
Le 28 mai…sûrement la stellaire, l’anthrisque…les fleurs vernales auront disparu…l ‘anémone sylvie, qui pousse alors que les arbres n‘ont pas de feuilles, on ne la verra pas. Elle pousse quand il n ‘y a pas de concurrence pour la lumière… 

 Des plantes vernales ?
Des plantes du printemps.

 En quoi est-ce important de connaître le nom des choses ?
Quelque  chose qui n’a pas de nom n’existe pas et on ne peut pas le mémoriser dit en substance Carl Von Linné.  C’est  le père de la botanique moderne. C’est lui qui a eu l’idée de donner un nom universel aux plantes. En latin….deux noms latins. Un nom et un adjectif. Le nom= le genre, l’adjectif, l’espèce.

Anthriscus (le nom de toutes les anthrisques. Qui appartient à la famille des ombellifères (apiacées) l’adjectif…sylvestris…le nom de l’espèce, une de celles que l’on trouve en Creuse.

Le nom vernaculaire est cerfeuil sauvage, persil des bois…(vernaculaire : populaire, local…).

 Vous qualifiez vous d’amateur ?
Oui, j’aime ce mot. Je n’en veux pas d’autres. Je suis un botaniste amateur. Je collecte des données scientifiques mais en tant qu’amateur, au sens premier du terme. J’aime.
Si il y avait un mot pour désigner celui qui s’intéresse, dans son ensemble, au monde dans lequel il vit, j’aimerais être appelé de ce nom.

 Comment devient-on botaniste ?
On le devient par rencontres de botanistes. Tous les botanistes que je connais ont eu quelqu’un autour d’eux qui leur a raconté. Moi c’est mon grand-père…il m’a désigné des herbes.
Et puis il y a faire l’enquête, chercher des relations entre des plantes…chercher une plante rare, grâce à des indices, en fonction du milieu…
Savoir que quelque chose existe et le chercher. Bon sang, il y en a qui ont vu la parisette a quatre feuilles et moi,…moi, je l’ai trouvée hier… 
Je suis quelqu’un qui a éduqué son regard…mais je suis avant tout un compagnon de balade. Si certains veulent savoir je leur dis…sinon…chacun son chemin.

 Des lectures à conseiller ?
Sans hésiter…l’œuvre de Francis Hallé…une bonne introduction…le suivre sur You tube
Ou Jean-Marie Pelt, un excellent observateur et un pharmacien qui ne se prend pas un uniquement pour un pharmacien. Un formidable raconteur 

 Au fond, pourquoi participer à la randonnée Botanique à énigmes ?
Moi, je ne marche pas pour marcher…j’arpente la Terre en ayant les yeux, l’esprit ouvert, pour chercher à comprendre. C’est mon plaisir.
Pas sportif les participants, en tout cas ce jour là, pas spécialistes, mais curieux de tout. Voilà, on marche pour le plaisir d’être ensemble et de mettre un peu de noms sur les choses.

 Le Pliant. 22 avril 2017